Élections Communales 2026 - Lausanne

L'écologie n'est pas un bletz. C'est un modèle de société qui exige de redéfinir notre place : non pas l'humain servi par l'environnement, mais le citoyen faisant partie de l'environnement.
C'est pour porter cette vision que je m'engage. Je suis Christian Babski, Dr EPFL, chargé de recherche à l'ECAL, entrepreneur et Lausannois, je souhaite mettre mes compétences au service de ce dialogue essentiel. Ensemble, responsabilisons nous!

 

Voici une matrice des « problèmes » ou de ce qui ne devrait pas « être mis sous le tapis ». Je présenterai progressivement des textes et des réflexions sur les sujets qui concernent les Lausannois·es.

Drogue à Lausanne 1/2

Nous avons atteint un climax insoutenable sur le long terme, et il est grandement temps de sortir du clivage partisan, personne n’ayant seul une solution viable au problème de la toxicomanie dans l’espace public. Au vu des dernières évolutions de la situation à Lausanne, il faudra assurément « analyser » les différentes actions mises en place ces dernières années et leur impact sur les Lausannois.es, mais il est également temps de penser, d'imaginer comment sortir de la situation actuelle.

Il faut peut-être commencer par un rappel quant à la loi. En Suisse, suivant la loi LStup, c’est étonamment simple : tout est interdit. La consommation, la possession, l'achat et la vente sont interdits. Maintenant, il y a la pratique qui a catégorisé les produits et les actes.

Le cannabis est au bénéfice d’une rassurante « exception » : sa possession (jusqu’à 10g) n’aboutit qu’à une confiscation, sa consommation « publique » est amendable (~100.- CHF) sans que cela ne génère un enregistrement au casier judiciaire.

Les drogues dites dures (Cocaïne, MDMA, Héroïne, etc.) ne sont au bénéfice d’aucune exception. Possession (en petite quantité (moins de 1g) ou en grande quantité) et consommation sont punissables par des procédures pénales, avec inscription au casier judiciaire.

L’acquisition de drogue, quelle qu’elle soit, est totalement prohibée et fait l’objet de procédures pénales.

Dans le même temps, la loi l’autorisant, le projet Cann-L a été mis en place à Lausanne (comme dans d’autres villes (Bâle (Weed Care), Berne (SCRIPT), Zurich (Züri Can)), afin d’étudier une possible mise en place d'un possible contrôle de la distribution de Cannabis via des structures qualifiées (à but non-lucratif pour Lausanne, pharmacies pour Bâle et Berne, pharmacies et les «Cannabis Social Clubs» pour Zurich). Ces expériences sont largement inspirées de choses testées et implémentées au Québec, notamment.

Cette situation illustre la politique des 4 piliers (prévention, thérapie, réduction des dommages, répression) directement issue de la LStup. Pragmatiquement, la municipalité de Lausanne assume avoir privilégié les 2e et 3e piliers.

Malheureusement, et possiblement très justement, il convient de constater que la situation actuelle dans le canton (Yverdon, Vevey, etc.) et spécifiquement dans la ville de Lausanne dépasse largement les conseils promus dans le guide produit par l’initiative des villes pour la politique sociale (via staedteinitiative.ch).

À trop vouloir protéger, encadrer les victimes de la drogue, n’a-t-on pas créé une bulle d’impunité tout autour du deal de rue, une bulle isolationniste autour des toxicomanes, mais également n’a-t-on pas oublié les citoyens qui doivent vivre la situation actuelle au quotidien ?

Les personnes toxico-dépendantes qui sont au bénéfice des structures mises en place à Lausanne sont effectivement encadrées d’un point de vue sanitaire (c’est malheureusement la moindre des choses), conseillées et orientées, mais cette aide, même si de l’information et de l’aide aux démarches peuvent être promues dans les ECS, « maintient » les personnes concernées dans l’ornière de la drogue par un manque de cohésion entre tous les services concernés et de possibilité de suivis sur le long terme (Évaluation des mesures complémentaires de la Ville de Lausanne à la pérennisation de l’ECS du Vallon – rapport final). Ceux qui sont convaincus et motivés à vouloir sortir du cauchemar, sont actuellement dirigés vers des établissements privés qui sont mandatés par les pouvoirs publics pour assurer les prestations idoines. De là, il est difficile actuellement d’évaluer les résultats effectifs de ces établissements.

D’un point de vue sanitaire, la machine fonctionne. Pour les personnes concernées, la minimisation des risques semble être un succès, mais on oublie alors le citoyen derrière chaque personne dépendante et le citoyen derrière chaque porte de maison. De là l’idée d’ajouter un support citoyen à la LStup. Un support citoyen pour les toxicomanes pour appuyer plus fortement un suivi et une sortie sur le long terme du monde des addictions tout en garantissant un support citoyen symétrique pour les victimes des consommateurs. Cela pourrait être l’huile nécessaire pour optimiser les rouages de la LStup, qui doit nécessairement s’adapter aux changements d’époque (nouvelles drogues, nouveaux usages, nouveaux risques, nouvelle ampleur du trafic), et ne pas laisser les seuls acteurs de terrain assumer les déferlantes les unes après les autres sans réelle évolution des moyens. Le support citoyen n'est pas une mesure répressive, c'est un mécanisme de rééquilibrage des droits fondamentaux. Aujourd'hui, le droit à la santé du consommateur (réduction des risques) semble primer sur le droit à la sécurité et à la jouissance paisible du domicile du riverain (protection de la personnalité). Le support citoyen viserait à rétablir la proportionnalité exigée par la Constitution.

Les nouvelles propositions de la municipalité lausannoise publiées ce mois de novembre vont dans ce sens. Regrouper les services dans un établissement complet, à vision plus pérenne, me semble adapté, y compris dans le but de pouvoir assurer des nuitées. La réorganisation des ECS va évidemment demander un certain temps, sans compter le problème qui consistera à trouver un « bon » emplacement pour le nouveau centre global dont la municipalité commence à parler. Ces sujets ne manqueront pas de passer par des votations, il faudra alors effectivement être plus objectifs que partisans, les solutions les plus efficaces seront assurément le résultat d’un savant mélange de compréhension et de répression.

Il est entendu que la frontière entre une catégorie et une autre est bien évidemment poreuse. Ainsi une certaine compréhension par rapport à un produit et/ou une « habitude » donnée peut servir de catalyseur, de tremplin vers un acte plus grave, vers une consommation plus problématique, voire vers une consommation récréative au final « pas si grave ». La compréhension peut alors être perçue comme du laxisme, voire de l’encouragement. Cela se traduit assurément par une certaine impunité pour les trafiquants de rue, mais également pour la consommation récréative qui concerne un tout autre pan social de la population avec des moyens plus aisés, qui eux aussi, sont au bénéfice d’une certaine impunité. Je pense que le 4ème pilier de la LStup doit nécessairement faire l’objet d’une réévaluation des moyens et aboutir à des mesures appliquées concrètement « dans la rue », à Lausanne. Être de gauche ne doit pas devenir synonyme d’une application laxiste de la loi, sous prétexte d’une vision et d’un traitement progressistes des problèmes de drogue. Vu les situations extêmes observées à Lausanne, le « pas si grave » ne doit pas être sur la table des discussions. Dans ce domaine, tout acte doit avoir des conséquences, et ce à tous les niveaux.

D’autre part, le problème est global et d'une ampleur grandissante. Sans vouloir spécialement déresponsabiliser la municipalité sortante, il est illusoire, voir utopique de vouloir règler le problème du trafic de drogue et ses effets associés à la seule échelle municipale. Il suffit de regarder alentours, à l'échelle europèenne, pour observer ce qui nous attend à plus ou moins court terme. Nous avons encore de la marge par rapport aux grandes villes europèennes, mais il n'y a aucune raison que cela n'arrive pas sur notre territoire. Une révision de la LStup serait la bienvenue, les dernières en date (2013 et 2021) ne concernant que la consommation de cannabis et son assouplissement!

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Drogue à Lausanne 2/2 : le support citoyen.

Il s'agirait d'une structure hybride, à mi-chemin entre l'action sociale, la sécurité publique et la médiation, possiblement composée de trois volets.

Le Volet « Protection des Riverains » (Le Bouclier). Ce volet vise à répondre au sentiment d'abandon des habitants.

Le Volet « Sortie d'Addiction » (Le Tremplin)

Le Volet Juridique et Institutionnel (L'Huile dans les rouages) Adapter les outils légaux.

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Le revenu contributif

Le revenu contributif est un avatar de l'économie contributive. C'est une proposition économique et philosophique née du constat que le modèle actuel de l'emploi salarié est menacé par l'automatisation massive et l'intelligence artificielle. Cette notion fut poussée, entre autres, par Bernard Stiegler, pour qui il ne s'agissait pas seulement de « survivre » à la fin de l'emploi, mais de réinventer la valeur du travail.

Le Principe de base s'oppose au salariat classique où l'on vend son temps contre de l'argent (souvent en exécutant des tâches répétitives), pour arriver à rémunérer le développement et la transmission de savoirs. Cela revient à valoriser le temps qui n'est pas directement « productif » d'un point de vue du « marché », mais qui est primordial voir inhérent à la société humaine : l'éducation, l'engagement associatif, la création artistique, le développement de logiciels libres, le soin aux personnes, etc.

Le système comme il a été pensé par Bernard Stiegler s'inspire ouvertement et largement du mécanisme des intermittants du spectacle ayant cours en France, afin de le généraliser à toute la société. Le citoyen alterne entre des périodes d'emploi (« marchand ») et des périodes de travail hors-emploi (non marchand). Durant les périodes « chômées », l'individu n'est pas inactif. Il se forme, il répète, il crée, il augmente ses capacités (ses « savoir-faire »). La société lui verse alors un revenu pour lui permettre de développer ces capacités qu'il réinjectera ensuite dans l'économie.

À la différence du revenu universel, le revenu contributif est conditionné à une contribution (sociale, cognitive, locale). Le citoyen s'affirme comme producteur de savoir et d'intelligence collective. Le revenu financé par la collectivité est un investissement social : on paie les citoyens pour qu'ils affirment ou développent des compétences. Le revenu contributif n'est pas une allocation de survie, c'est un investissement dans la capacité de chacun à contribuer à la société en dehors des contraintes immédiates du marché. C'est le passage d'une économie de la consommation à une économie de la contribution.

Bien que nous n'ayons pas encore de « Revenu Contributif » portant exactement ce nom et suivant à la lettre le modèle de Stiegler, nous avons des concepts cousins. Plusieurs initiatives mettent déjà en pratique les « briques » de ce modèle : le financement de l'activité utile (plutôt que de l'emploi), les monnaies locales et la valorisation du temps :

Nous le voyons, les « briques » et les expériences existent sans pour autant complètement correspondre au modèle de revenu contributif. Mais c'est typiquement quelquechose d'applicable à l'échelle communale.

Pour le financement, nous aurions plusieurs leviés disponibles. Une partie des aides sociales/RI pourrait être redirigée et utilisée pour le revenu contributif. Comme expliqué précedemment, Le bénéficiaire ne cherche plus seulement un « emploi » (qui n'existe peut-être pas), mais s'engage dans une activité d'intérêt général (jardin partagé, aide aux devoirs, réparation d'objets, art).
Une Taxe locale sur l'automatisation (Sponsoring RSE) pourrait être mise en place. Les entreprises locales qui automatisent leurs services (banques, supermarchés avec caisses automatiques) réalisent des gains de productivité mais réduisent l'emploi local. La commune pourrait négocier un partenariat public-privé. L'entreprise finance un fonds contributif dans le cadre de sa RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) pour former les habitants aux compétences de demain.
La Monnaie Locale complémentaire peut être un levier puissant au niveau communal, et nous en avons une ! La commune peut verser une partie du revenu contributif en Léman. Cet argent ne peut être dépensé que dans les commerces locaux adhérents. L'argent « ne fuit pas » vers les multinationales, la spéculation ou chez Shein. Il circule plus vite et enrichit le tissu économique local.

Pragmatiquement, tout pourrait commencer par le dépôt d'un postulat au conseil communal afin de lancer une étude de faisabilité. Un comité mixte constitué de citoyens, d'élus et d'experts serait en charge non pas de « juger » les projets, mais d'estimer leur valeur sociale (la « banque des savoirs »). Comme infrastructure, nous pourrions utiliser les bibliothèques communales, les maisons de quartier ou les centres de protection civile sous-utilisés. Ces lieux deviennent l'endroit où les bénéficiaires « travaillent » à leur contribution (se forment, enseignent, fabriquent), les « Maisons des savoirs » pour reprendre Bernard Stiegler.

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Mobilité 1/2

Quand on aborde la question de la mobilité, l’idée de bien commun disparaît aussitôt pour laisser la place à un autre monde.

Quelle que soit son obédience, voiture, vélo, trottinette ou autre, le moyen de transport fait muter l’humain en Mad-Max de la route dont tous les droits sont orientés dans sa direction sans autre considération des autres.
Sans vouloir paraphraser un très mauvais film: “C’est là que la loi s’arrête, et que moi…, j’interviens.” devient le crédo de tous les usagers de la route. Et quand je dis la route, il est désormais possible de généraliser à toute surface urbaine bitumée.

Bref c’est l’anomie, chacun considère ses droits sans jamais estimer ceux des autres, le monde devient plat en plus d’être orienté sur le « je », juste de quoi faire se retourner une énième fois dans sa tombe les Copernic de l’âme humaine.
C’est un peu comme si les problèmes de voisinage s'invitaient dans la mobilité, toute objectivité disparaît dans des abysses d’égocentrisme pimentés d’une spécialisation dans les flux urbains.

Cela m’a toujours semblé très mystérieux dès lors qu'à un moment ou à un autre, tout humain mobile descendra ou sortira de son cheval, pour finalement et durablement redevenir un piéton, et potentiellement être à son tour victime de cette anomie. Dans cette période où seul l’individualisme semble dominer, cela rajoute un étage à une pièce déjà bien montée.

Seulement voilà, cette approche ne fonctionne pas, et certainement pas à Lausanne qui a bon nombre de spécificités…

À suivre…

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